Interview : Simon Ollier

Si notre club avait une mascotte, ce serait un jeune gars de 23 piges, un de nos coureurs les plus rapides qui arpenterait tous les terrains de sa foulée puissante et qui viendrait supporter les copains même quand il ne court pas, ferait des vidéos des séances et tiendrait le chrono pour filer un coup de main au coach. Ce serait aussi le gars qui assure la buvette et la logistique comme bénévole au Marathon de Chambéry que nous organisons.

Nous n’avons pas de mascotte mais nous avons Simon alias le Sim, un pilier essentiel du groupe, notre gars multifonction que ce soit en compétition comme dans le fonctionnement du club.

Il serait difficile de rentrer Sim dans une catégorie de coureur : si la tentation de le qualifier le p’tit gars de Valloire de « trailer » est forte, il n’empêche que ce boulimique de course à pied a aussi tenté la piste et la route cet été, et qu’à l’image du groupe sa pratique est diversifiée. Petite interview d’un jeune gars de nos montagnes savoyardes qui a du feu dans les cannes et qui commence tout juste à nous donner un aperçu de l’étendue de ses qualités en compétition.

Salut Sim, tu es un des piliers du club malgré ton jeune âge, t’es un peu l’homme à tout faire, en fait c’est quoi ta spécialité ?

Salut Lucas, je te remercie ! C’est vrai que je touche un peu à tout dans plein de domaines différents, et j’essaye, dès que je peux de soutenir le club.
Ma spécialité ça reste quand même de tenir la buvette comme personne sur les événements, et de faire les crêpes plus vite que mon ombre.

On t’as vu fouler le tartan pour la première fois cette année en compétition, t’en as pensé quoi ? Tu as fait quelles distances et quels chronos ? Qu’est-ce qu’un petit gars de la montagne vient faire sur une foutue piste ?

C’est vrai que cette année, j’ai choisi de sortir un peu des sentiers pour aller avoiner sec sur la piste ! Moi qui trouvais ça con quand j’ai attaqué à courir, jamais j’aurais pensé faire de la piste à un moment donné, mais comme quoi on peut changer d’avis !
En distance, j’ai couru sur 1500 m en 4’06, 3000 m en 9’00 et 5000 m en 15’58, j’espérais pouvoir faire mieux sur 5000 m, mais c’est quand même sacrément plat, j’ai pas encore assez l’habitude !
Bas écoute le petit gars de la montagne, il a les dents qui rayent le parquet, étant donné qu’avec le Covid il y avait pas trop de compétitions pendant un bon moment, c’était l’occasion de voir ce que je vallais vraiment avec les spécialistes, puis honnêtement, c’est cool quand même de se dégommer la tronche sur la piste !

Simon adoptant une stratégie prudente : en tête de sa première compétition sur 3000 face à des gars en 8’30.


Quand tu n’es pas aux entraînements pour te coller la séance, tu y es avec ta caméra ou avec ton vélo pour soutenir le groupe. Je ne pense pas me tromper en disant que tu prends autant de plaisir dans les deux cas ?

Exactement, j’aime bien accompagner les collègues sur les entraînements même quand je ne peux ou ne dois pas courir, par exemple quand je suis en coupure. En plus en ce début de saison, je trouve qu’il y a un super dynamique, autant en terme de performance que d’ambiance, je pense que c’est aussi ça qui fait la force de ce nouveau groupe qui se constitue petit à petit. Et c’est sûr que c’est un vrai kiff de suivre le groupe, puis c’est quand même plus marrant de regarder les autres souffrir.

Tu es voué à « coacher » plus tard ?

Je pense que je me lancerais forcément dans le coaching à un moment donné parce que d’une part, j’aime ça, et de l’autre, j’ai quand même fait mes études dans ce but, puisque je suis titulaire d’une licence STAPS entraînement sportif et aussi d’un Diplôme universitaire en préparation physique, j’ai aussi passé des diplômes en haltérophilie et force athlétique pour pousser le vice de la musculation, et là, je me suis lancé dans une formation de préparateur mental.
À côté de ça l’hiver, je suis moniteur de ski donc j’entraîne déjà un peu, même si c’est au pioupiou (jardin d’enfant).

Comme tu es prépa physique, je te pose la question de façon provoc’ : la muscu c’est pour les body-builder ou c’est pour les coureurs ? 

Je dirais que les deux font la paire, ce sont deux pratiques différentes de la musculation, avec des objectifs différents, mais si je prends ma casquette de prépa physique, je pense que la musculation n’est plus un aspect à négliger en course à pied. Ça devient un point essentiel de progression pour beaucoup d’entre nous.
Et puis même si avoir des gros pecs ça aide pas à aller vite, c’est quand même bien pratique pour draguer sur le bord des pistes (rires) !

Le smile du trailer : V comme Valloire, V comme victoire


Bon, on va pas se mentir, lors des les France de Montagne et France de Trail court, t’étais loin de ton niveau réel… 

C’’est gentil de le souligner, après, c’est aussi le jeu de la course, faut composer avec la forme du jour !
Pour le coup, j’étais quand même sacrément lent.

Mais te connaissant tu t’es fixé un nouvel objectif.  C’est quoi, les échéances à court terme et pour le reste de la saison ?

Exactement, faut jamais rester sur un échec. A court terme la prochaine échéance c’est le 10 km de Vénissieux ou je vais essayer d’améliorer ma meilleure marque qui est de 32’15 (NDLR : réalisé à l’entraînement en mars dernier). Ensuite, je pense que je vais faire quelques corridas et cet hiver et les cross.
Puis après les cross, j’ai envie de retenter l’expérience piste, pour voir si je peux faire mieux.

Et à long terme, c’est quoi qui te fais kiffer ? Une ou deux courses qui te font rêver ?

En soit déjà juste courir tous les jours ça me fait kiffer ! Mais sinon j’aimerais bien reprendre un été sabbatique pour continuer l’expérience course à pied à fond.
Honnêtement, je pense que plus tard, je viendrai forcément à faire de l’ultra, et l’UTMB ça reste un des truc mythique que j’aimerais faire, courir pendant plus de 24h en montagne, c’est le plaisir suprême du trailer.
Mais je me laisse le temps. Parce que pour l’instant la vitesse, c’est quand même la priorité.
J’ai encore un peu de temps pour devenir un vrai randonneur (spéciale dédicace à Anne-Sophie, parce que oui, les trailers sont des randonneurs).

Et merci le coach !

(Tu peux toujours me remercier tu prendras quand même des grosses séances de chacal)

Becoming a randonneur