Interview : Clémentine Geoffray

L’univers du trail comporte tellement de facettes, de type d’épreuves, qu’il est parfois difficile de situer le niveau sportif d’un(e) athlète. Entre les championnats, les circuits privés et les courses médiatiques, on a parfois du mal à s’y retrouver, d’autant que certain(e)s en font tellement sur les réseaux sociaux qu’ils font passer les vrai(e)s champion(ne)s pour des illustres anonymes. Au milieu de tout ça, il y a les pratiquants d’une autre époque, les durs au mal de la course en montagne, discipline ô combien sélective, où de vrais costauds viennent battre le fer et mettent généralement tout le monde d’accord quand il s’agit d’affronter les « trailers » sur des épreuves plus longues.

C’est donc par l’ingratitude de la de course en montagne que Clémentine a fait ses armes  depuis ses 22 ans (elle en a 26), après 14 ans de kayak, sport à la culture de l’entraînement physique : « on courrait assez régulièrement l’hiver pour le foncier et même pour préparer les tests de listes jeunes (il fallait faire un 5000 mètres sur piste lors de ces tests par exemple) […] J’avais un peu le syndrome de la course à pied en moi depuis petite et j’ai encore plus apprécié l’effort en trail, sur les sentiers, je me suis dit que c’était fait pour moi ! »

Ses résultats parlent pour elle : Vice championne de France de Course de Montagne 2020, Vice championne de France de Trail Court 2018, 2 sélections en équipe de France (Montagne 2018, Trail 2019), 32e au France de Cross 2018. Solide.

Elle a récemment enchaîné une 6e place (décevante pour elle !) au France de Montagne (12/09) , puis a décidé de tenter le France de Trail Court (26/09) pour retrouver du plaisir. Elle termine 5e en individuelle, et remporte la médaille de bronze par équipe avec l’équipe Go for it Running. Petite interview de la souriante et humble Clémentine.

 

Salut Clem, tu étais sortie très déçue de ta 6e place au France de Montagne (12/09), est-ce que ça va mieux après ta 5e place en indiv et la 3e par équipe sur le France de Trail ?

Oui, beaucoup mieux ! J’étais très déçue de ma mauvaise gestion de course aux Frances de montagne, notamment de toutes les pensées négatives qui m’ont traversée et impactée durant la course.

Sur les Frances de trail, je suis partie plus détendue, connaissant mon niveau et celui des concurrentes du jour. Alors je suis partie à mon rythme. Je me suis bien bagarrée entre la 4ème, 5ème, 6ème et 7ème place pour finalement distancer certaines dans la bosse après le 15ème kilomètre. Et surtout pas, ou très peu, de pensées négatives que j’ai su gérer sans me laisser submerger.

Et la 3ème place par équipe, c’est vraiment une belle surprise et mine de rien, on s’accroche au chrono aussi pour ça pendant la course. C’était une bonne motivation pour tout donner !

 

Tu es parti à la bagarre où tu as laissé filé et géré à ta main ? 

Au départ, je ne me suis pas emballée en me disant que je reviendrai (si tout va bien) dans la seconde partie de course sur les filles qui sont un peu plus faibles, moins endurantes que moi. Pour le coup, cette stratégie s’est vérifiée car j’ai dépassé les filles avec qui j’étais au coude à coude autour du 15ème kilomètre. Par contre, j’ai laissé partir les autres devant. Sans regret pour cette fois car je ne voulais pas me mettre en surrégime et risquer de perdre pied en seconde partie de course. Cette gestion m’a permis de me rassurer sur ce que je sais faire. Maintenant, il faudrait essayer de dépasser un peu ce stade, prendre plus de risques pour grapiller du temps et des places !

 

Le parcours était plutôt roulant, c’était un avantage pour toi ou pas ?

Je ne pense pas au regard de la concurrence du jour (par exemple, Camille Chaigneau qui est arrivée 7ème a déjà signé un 34’30’’ sur 10 km) [NDLR :Clémentine a un record à 36’46, pour sa seule sortie officielle sur la distance]. Mais j’étais quand même préparée pour ce parcours. J’ai bien aimé le fait que les bosses n’étaient pas trop raides, ni trop longues. Ça me convenait bien je trouve. Sur les portions plates, je me sentais moins à l’aise à côté des autres.

 

Maintenant c’est quoi les objectifs de la saison ? 

Tout prochainement, ce samedi 2 octobre, je vais sur la dernière course qualificative pour les mondiaux de course en montagne. C’est à Saint Jacques des Blats dans le Cantal, un parcours de 12 km environ et 850 de D+/D-.

Sinon, j’aimerais participer au 10km de Vénissieux fin novembre, puis viendront les cross et pour la suite, on verra selon l’envie et les possibilités pour planifier quelque chose de sympa

 

De façon générale, tu t’estimes plutôt coureuse de montagne, traileuse, polyvalente ? 

De plus en plus polyvalente, avec un attrait nouveau pour la route et une âme de coureuse en montagne qu’il faut que je retrouve en mode « guerrière » ^^ !

 

Ton futur en course à pied c’est quoi : trail long ? Ultra ? Route ? 

Plutôt trail je pense ! Long j’aimerais beaucoup, ultra aussi mais je crains que mon corps ait du mal à s’acclimater. J’ai souvent mal aux genoux lorsque j’allonge trop les distances… à voir par la suite  !